Textes en liberté

Mardi 8 janvier 2008
"LA VOIX DU DESERT"

Immense est ma solitude, car je suis le désert infini.
Le temps a passé, des siècles se sont écoulés, ou : je suis resté toujours muet ;
Mon silence est légendaire.
Aujourd'hui, j'ai pris la décision, o! Combien difficile, de parler aux humains.
Pour la première fois, j'emprunte ma langue aux terriens.
Mes demeures sont au Sud, la ou la pluie est rare, et, le soleil brulant.
Ma peau est de sable, de rocs, et, de volcans morts.
Je suis sensible, je pense, je vois et j'écoute.
Mon utilité est beaucoup plus grande que vous ne le pensez!
Je renferme des richesses encore vierges, inimaginables, et, méconnues.
Mon role écologique, humain, et, spacial n'est pas apprécié à sa juste valeur!
Les hydrocarbures ne sont pas mes seules ressources.
Accompagnez-moi par vos technologies, vos sciences,
et, vos découvertes, je vous ouvrirai mes trésors enfouis.
Voila des siècles, mes ouailles sont abandonnés à leur sort, par les gouvernants du Sud et du Nord!
Des expériences nucléaires sont entreprises sur mon territoire; des déchets radioactifs enterrés sur mon sol.
Mes nappes d'eau abondantes restent en friche.
Mes Peuples du désert, muets par leur nature taciturne, crient enfin leur détresse à travers ma voix grondante et mondiale!
Moi, le Désert, le gigantesque, le majestueux, le stoique, je m'adresse aux habitants de la Terre, pour leur dire :
En vivifiant mes rivières souterraines, en créant des terres agricoles, et, des prairies verdoyantes sur mes
vastes étendues planétaires, vous donnerez l'espoir et la joie de vivre à des millions d'etres humains sur la Terre!
Djilali HAMDAOUI
Par asais
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Dimanche 28 janvier 2007
Poisson de livre-livre de poisson


Les livres sont des fonds océanique ou barbotent en état d'apesanteur des créatures sublime emmèlée dans des fluides jaillissants et les contre-courants valsants,où elle happe l'attention du plongeur ou du poisson insolites et elle étreint le coeur de la nuit ou nous appliquons nos bouches avides pour têter le suc du papier noirci qui entre en nous et régénère l'igloo de nos têtes harponnées.
Les livres sont une expérience des sens en état d'extrême fébrilité ils glissent, caressent, fuient, reviennent, éblouissent, ils se chauffent les uns les autres dans un lit de caractères et jouent à la lumière et  à l'ombre des ensembles sous -jacents.
Les livres disent des mensonges si proche de la vérité qu'ils jouissent de nos "pourquoi pas" quand ils se moquent et de nos "mais c'est quoi l'histoire"quand ils se font musique, mensonges charmants, sel et épices cher au voyageur.


 

Un électron d'amour,
Echappé du hasard,
Traverse (UW XY²)
Le grand hall déserté,
De la gare Saint Lazarre.

Les nixes souterraines
Dont parlait un poète
Emplissent les verrières:
Mauves condescendances...

Des éboulis stellaires,
En étincelles crues,
Parcourent à grande allure
Les rails d'acier trop blanc;

Comme à la mer on voit,
En des marées contraires,
Des vagues en flamèches,
Brûler comme des mèches,
Aux crinières de bruine.

J'aperçois sur le quai
La femme faite fée.

Elle danse en avant,
Des silences octroyés;
Son corps courbe l'espace,
Et l'emplit de lumière.

Des salves de soleil,
La traversent et l'élèvent;
Elle s'assoie en son ventre,
Orchidée, tournesol.

Des rêves de rivières,
Ruissellent à ses reins;
Des rives d'arc-en-ciel,
Jusqu'au bout de ses doigts.

B.S


Matin de tendresse à Mauléon

Il pleuvait mollement, ce jour sur Mauléon
Et les fêtes passées avaient un goût de fiel
les rigoles charriaient ce qui restait de rires
Des gueulances fanées vibraient encore un peu

Ton regard, dans mes yeux,
Faisait une aube douce
Où s'immisçaient des mauves
de lavandes soudaines.

les matins grandissaient
plus vite que l'été;
lorsque tu me souris
La fête, alors, revint.

Silencieux dans les rues,
Allant d'un pas tranquille
Nous marchions consentis
dans la même harmonie.

Le fleuve s'amplifia,
Au-delà du décor
des poubelles éventrées,
Des charriots de la mort.

Le ronflement constant
Des autos-balayeuses,
Comme une mélopée,
Rythmaient notre ballade.

Au premier interstice
Du soleil apparu,
Ton bras frôla le mien
Et nos mains se touchèrent.

Les torchères de l'amour,
Grands flambeaux intérieurs,
Ont alors embrasé
Nos coeurs en désalliance.

Nous étions solitaires
depuis tant de saisons,
Fallait-il se risquer
Aux déraisons de l'amour?

Mais prononçant des noms
De choses très certaines,
Celui d'une rivière, d'une musique aimée
Nous nous "sommes accomplis",
Tendrement l'un vers l'autre.

La terre avait un goût, sucré,
D'automne loin
Odeur chaude des foins,
Et senteurs du matin.

B.S


 

Antichant à ma ville

Dans un beau poème, les mots qui se refèrent
à la beauté sont les bienvenus.
Ma ville, ma poignante de ville,
blesse par sa beauté,
elle est victime de sa beauté;
elle est victime des citoyens un peu bourgeois,
un peu hautaine, (même s'il le reconnaît pas),
mais c'est ma ville.
Et comment me reconcilier avec une beauté qui fait si mal?
C'est plus fort qu'un amour pas correspondu.
La ville en générale qui nous emporte, qui nous avale,
la ville qui nous aide, qui nous réjete, qui nous engloutis,
c'ést sûr qui est New York, Toulon ou Bordeaux.
Mais je vous assure que la beauté de ma ville (à vérifier)
trouble, surtout quand on vit dans elle.
C'est serait un antichant à ma ville, même si me fait mal au coeur.


Poésie honteuse

Comme le fer d'un couteau aiguisé
Qui rase ma vie amenuisée
Une honte lointaine remonte à ma gorge
Mes yeux piquent, mon rêve s'éparpille
Dans les soutes des lance-torpilles
Noir sur blanc les couloirs, coupe-gorges

Cette honte est ancienne, près
De mon coeur, sous le bois-hôtel sans apprêt
Elle rit de l'ipso-facto et elle trébuche
Et mes morts, mes cahots et mes élans
S'évanouissent . J'ai trahi !  Je veux être lent
Revenir en toi être chaud, perdu, peluche

Je hurle loin des hommes ma désespérance
C 'est toi qui mène la danse !
Il n'y a dans tes yeux ni violence, ni lazzi
Le figuier a fait des bourgeons
C'est la lune qui éclaire le balcon
Parfum de femme sur la côte loin des paparazzi

Mon mal ne fait que bruler plus
Honte ! Qu'ai-je commis? Je veux être comme Claude Piéplus
Retour au coin, pause, c'est le gong
Tu m'as montré le revers de ton mal
Je veux t'offrir un cheval
Tu es un motif étheré de porcelaine Song


Une fois parvenu destitué


Sur de grands rouleaux après avoir surfé, et un élevage de sirènes
Voici donc le front têtu des grèves aux verts étincelants
Et les becs, et les voix fertiles, et les matières proliférantes
Voici les pierres

Chambre de pas en boucles à peine étions-nous nés
L’enfance traversait les urgences
Sous nos yeux délicatement femmes passaient / devant les fleurs
babillantes
Un corps profond de hanches / à partir de là s’exhalaient les parfums

Ici tout prenant corps était un lieu de racines
De ponctuations, par enchevêtrements, et je luttais parmi les vents
Par embrassement / par gifles / par essartement
Tantôt j’embrassais les altitudes le vent mauve de l’âge la cendre des actes

D’où me parvient votre voix tel un muscle à l’échelle si vos mains
m’apaisent
Parvenant au feu qui se mêle aux braises / qui allaite le souffle et
prend nuit
Tantôt j’embrassais les altitudes votre voix mise en exil un couplet
de mensonges
J’enfourchais les lenteurs par l’étoile

D’où me parvenaient un ciel de mots les réalités jumelles
Le long / longez / le long
Longez un buisseau d’étoiles filles pou
r avenir
Un fond de ciel par-dessus l’épaule sont les matières
Par épaisseurs, les voix des vapeurs
Contre le cri rouges / sont les désirs
Ici est un lieu de joie

Le long / longez / le long
Un berceau d’étoiles vierges
D’ici je vous croise me parviennent les saisons marraines les  plaisirs périssables
Et je saute / dans l’humble matière / fraîchement dévêtu
D’un songe lent dans l’abeille du monde j’irai
Butinant les sèves mâles et les cantiques femelles
Les midis plats devant et les anathèmes
Où, les lèvres métisses du vent disperant une mémoire
Contre un avenir de souvenirs

Et je double et je triche / mes décousus
Tiennent à l’ourlet fiévreusement en lits et berges
Le log / ayant longé / le long et les courants
Je tiendrai en lieu calme dès la source
Un fois parvenu destitué

Blanches sirènes parfois passant devant les rougissants
La nâcre de leur blancheur au fond d’un membre de mer
Et leurs secrets sillages appelant les mourants sous les étoffes
L’arbre de leur voix en gants roses se mêle après les voiles

Longs rouleaux obscènes déroulant des noyés
Leur chair de sable devant les mers appliquée à survivre

Corsage d’un ciel à la pointe du jour devant nos souliers et les
Plaines
Entendez le train trébuchant de nos peines rocher à rouler depuis
La taille

A la ceinture des années en nombre prononcerez l’adieu conjugué
En vers blancs

Dans la chambre stérile depuis le lieu de l’ange
Je pense j’écoute j’observe rien ne m’échappe
J’entends les voix pontificales et le murmure
J’entends l’arbre qui me permet d’écouter le vent
Le nœud des mains et les lèvres du pas
Le guêt qui s’arpente et les lunes silences
Je suis par les villages et dans la chambre
L’âge monte doucement telle une marée laisse ces objets brillants
Qui sont là dans la frange frêle des grèves

Faites une paume de votre voix, un petit nid de mouette
Faites un lieu sûr devant les arrogances, laissez courir les chemins
Un lieu de source où s’étancheront les soifs

Carole Darricarrère
Texte extrait de « Le sermont sous la langue »


 

Prose poétique

Pastille anisée fond dans la bouche rosée, mais la couleur on s’en fout. Les papilles distillent les bulles qui s’échappent du bonbon et se souviennent des mirabelles, ce goût qu’elle découvrit après l’artificiel des sucreries à base d’E-100 une goutte de naturel. Pastilles remémorant la vie de jeune fille qui ne souriait pas, qui ne riait pas au nez et aux oreilles des autres qu’elle connaissait ou ne connaissait pas, qui ne volait pas au vent, ni ne faisant par la même tournoyer son jupon pour ne pas émoustiller ces ombres de garçons. Sa vie de jeune fille à ne pas danser pour ne pas séduire, et s’enfuir plutôt que de rester là, à s’étouffer parmi ces tas de fumée, pesants, pesants, mais jamais plus lourds que des ronds de fumée. Pastilles imaginées collées au fond du palais qu’on s’envie de les cracher.

Par asais
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